VACOA a embarqué sur la campagne océanographique OBSAUSTRAL 2026 à bord du Marion Dufresne

L’équipe scientifique VACOA prête au démarrage de la campagne le 14 janvier 2026, et l’équipe support MAP-IO OSU-Réunion.

Etude des composés organiques volatils (COV) et de la chimie des aérosols à l’interface océan-atmosphère dans les océans Indien et Austral (projet LEFE VACOA et campagne océanographique OBSAUSTRAL 2026)

Les Composés Organiques Volatils (COV) jouent un rôle crucial dans l’atmosphère en réagissant avec les oxydants, ce qui influence la capacité oxydante de l’air et contribue à la formation de composés secondaires, tels que l’ozone troposphérique. Les COV sont aussi des précurseurs d’Aérosols Organiques Secondaires (AOS), qui impactent le climat par leurs effets directs et indirects. Bien que les études sur les COV se concentrent souvent sur les zones continentales, les océans représentent une source significative de ces composés. Parmi ces COV marins, le diméthylsulphide (DMS) et le méthanethiol (MeSH) sont importants pour la formation d’aérosols secondaires biologiques marins (ASBM). Cependant, la compréhension des processus impliqués dans ces mécanismes, surtout dans les océans Indien et Austral, demeure limitée. Ces régions sont critiques pour l’étude des interactions océan-atmosphère, ce qui souligne la nécessité de recherches supplémentaires sur les COV et leurs impacts climatiques. Le projet VACOA (VOC and Aerosol Chemistry at the Ocean-Atmosphere interface in the indian and southern oceans), financé par le programme LEFE de l’INSU (CNRS) vise à:  
 

  • Caractériser les concentrations de COV et leurs sources en milieu tropical, subtropical et sub austral océanique via des mesures réalisées au sein du navire océanographique Marion Dufresne II ;
  • Caractériser physiquement et chimiquement la phase particulaire (taille, nombre, composition chimique) pour en comprendre sa composition et son origine.

En finalité, ces mesures auront pour vocation d’amener à un travail de modélisation pour identifier les sources et processus de l’aérosol organique marin à l’aide d’un modèle source récepteur. In fine, l’ensemble de ces données permettront d’initier un travail de modélisation de la chimie atmosphérique à l’interface océan-atmosphère. Le projet VACOA est mis en œuvre via une campagne scientifique océanographique, du 14 janvier au 27 février 2026, à bord du navire océanographique Marion-Dufresne, sous l’égide du programme OBSAUSTRAL, qui vise à mieux comprendre le fonctionnement de l’océan Austral. Les équipements du projet VACOA complètent et s’appuient sur les instrumentations déjà présentes et données collectées sur le navire dans le cadre de l’Instrument National (IN) MAP-IO (Marion Dufresne Atmospheric Program – Indian Ocean) (voir aussi l’article dédié).

Schéma simplifié des processus d’émission dans l’océan et de dégradation des COV dans l’atmosphère (crédit : Manon ROCCO, LCE, MIO, 2025).


Équipements scientifiques dédiés à l’étude des composés organiques volatils (COV) et de la chimie des aérosols à l’interface océan-atmosphère (projet LEFE VACOA et campagne océanographique OBSAUSTRAL 2026) (crédit: Olivier Magand, 2026).


Responsable du projet : Julien KAMMER (LCE, Marseille), Manon ROCCO (LCE, MIO, Marseille), Olivier MAGAND (OSU-Réunion)

Contact local: Olivier Magand

Contact extérieur: Manon Rocco (LCE, MIO, Marseille, France) et Julien Kammer (LCE, Marseile)

Laboratoires participants: LCE, OSU-Réunion, LSCE, LaMP, LACy, LAERO, ENTROPIE, MIO

Équipe de recherche VACOA durant la campagne Océanographique OBSAUSTRAL : Manon ROCCO (LCE, MIO), Valérie GROS (LSCE), Antonin BERGE (LSCE), Aurélie COLOMB (LaMP)

VACOA took part in the OBSAUSTRAL 2026 oceanographic campaign aboard the Marion Dufresne.

The VACOA research team ready for the start of the campaign on 14 January 2026, along with the MAP-IO OSU-Réunion support team.

Study of volatile organic compounds (VOCs) and aerosol chemistry at the ocean-atmosphere interface in the Indian and Southern Oceans (LEFE VACOA project and OBSAUSTRAL 2026 oceanographic campaign)

Volatile Organic Compounds (VOCs) play a crucial role in the atmosphere by reacting with oxidants, influencing the atmosphere oxidising capacity and contributing to the formation of secondary compounds, such as tropospheric ozone. VOCs are also precursors to Secondary Organic Aerosols (SOAs), which impact the climate through their direct and indirect effects. Although studies on VOCs often focus on continental areas, oceans are a significant source of these compounds. Among these marine VOCs, dimethyl sulphide (DMS) and methanethiol (MeSH) are important for the formation of marine secondary biological aerosols (MSBA). However, understanding of the processes involved in these mechanisms, especially in the Indian and Southern Oceans, remains limited. These regions are critical for the study of ocean-atmosphere interactions, highlighting the need for further research on VOCs and their climate impacts. The VACOA (VOC and Aerosol Chemistry at the Ocean-Atmosphere interface in the Indian and Southern Oceans) project, funded by the LEFE program of INSU (CNRS), aims to:

• Characterise VOC concentrations and their sources in tropical, subtropical and sub-austral oceanic environments through measurements taken aboard the Marion Dufresne II oceanographic research vessel ;

• Physically and chemically characterise the particulate phase (size, number, chemical composition) to understand its composition and its origin.

Ultimately, these measurements will be used to develop a model to identify the sources and processes of marine organic aerosols using a source-receptor model. Ultimately, all data will be used to initiate modelling work on atmospheric chemistry at the ocean-atmosphere interface. The VACOA project is being implemented through an oceanographic research campaign, from 14th January to 27th of February 2026, aboard the oceanographic vessel Marion-Dufresne, in the framework of OBSAUSTRAL program, which aims to improve our understanding of how the Southern Ocean works. The VACOA project equipment complements and builds on the instrumentation already present and numerous data collected on the vessel as part of the MAP-IO (Marion Dufresne Atmospheric Program – Indian Ocean) CNRS-INSU National Instrument (www.mapio.re).

Simplified picture of emission processes in the ocean and VOC degradation in the atmosphere (credit: Manon ROCCO, LCE, MIO, 2025)

Scientific instruments dedicated to the study of volatile organic compounds (VOCs) and aerosol chemistry at the ocean–atmosphere interface (LEFE VACOA project and the OBSAUSTRAL 2026 oceanographic campaign) (credit: Olivier Magand, 2026)

PI project : Julien KAMMER (LCE, Marseille), Manon ROCCO (LCE, MIO, Marseille), Olivier MAGAND (OSU-Réunion)

Local contact: Olivier Magand

External contact: Manon Rocco (LCE, MIO, Marseille, France) et Julien Kammer (LCE, Marseile)

VACOA project participating laboratories: LCE, OSU-Réunion, LSCE, LaMP, LACy, LAERO, ENTROPIE, MIO

VACOA research team during the OBSAUSTRAL oceanographic expedition : Manon ROCCO (LCE, MIO), Valérie GROS (LSCE), Antonin BERGE (LSCE), Aurélie COLOMB (LaMP)

Data report: des séries temporelles de données uniques sur les COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COV) dans l’hémisphère sud

La Réunion, côte ouest. Photo de Laurence FUSCO sur Unsplash.

Séries temporelles de composés organiques volatils (COV) mesurés dans la station de montagne de l’observatoire OPAR-StPaulMaido (station GAW global) et la forêt tropicale primaire de Mare-Longue, composante de l’OZC-R, au cœur de l’île de la Réunion : des données uniques dans l’hémisphère sud et enjeux associés.

Résumé de l’article:

Les sources et les puits de composés organiques volatils (COV) restent encore méconnus dans l’hémisphère sud tropical. Afin de combler cette lacune, des mesures de COV ont été mises en œuvre (collecte par tubes adsorbants Tenax®TA) à l’observatoire OPAR-StPaulMaido (MO, 21,079° S, 55,383° E) et dans la forêt tropicale de Mare-Longue, dans une réserve naturelle liée à la station de recherche forestière OZC-R (MALO, 21,350° S, 55,743° E). Cette étude présente deux jeux uniques de données de concentrations de COV sur une durée de plus de trois années (avril 2022 à août 2025), dans le cadre des mesures in situ de MO, et sur une année (août 2024 à août 2025) sur le site de MALO. Les concentrations d’isoprène, de monoterpènes (α-pinène, ß-pinène, limonène) et de composés BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène et xylènes) ont été obtenues par le biais de deux prélèvements hebdomadaires (journée et nuit) pour MO et mensuels pour MALO (journée seulement). Les données collectées fournissent des informations importantes sur la saisonnalité des concentrations de COV dans deux environnements distincts sur un site insulaire tropical au milieu de l’océan Indien. Elles permettent de mieux comprendre les niveaux et les tendances futurs des composés étudiés dans le contexte du changement climatique en cours dans cette partie du monde. Ces mesures prolongent le travail initié depuis 2018 à la station OPAR-StPaulMaido de suivi des COV, composants clés de la capacité d’oxydation atmosphérique et variable chimique essentielle étudiée au sein du service national d’observation GAZIS (étude des gaz in situ) géré par l’IR-ACTRIS, et auquel le site instrumenté OPAR est affilié. Cette étude met également en exergue le travail interdisciplinaire fondamental entre deux composantes majeures de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de la Réunion que sont l’OPAR (Observatoire de la Physique de l’Atmosphère à la Réunion) et l’OZC-R (Observatoire de la Zone Critique de la Réunion).

Ce travail a bénéficié du soutien de la Fédération de Recherche OMNCG et de l’infrastructure de Recherche ACTRIS-FR inscrite sur la Feuille de route Française du Ministère en charge de la Recherche.

Concentrations de COV (exprimées en pptv – conditions STP) à l’observatoire OPAR-StPaulMaido (statistiques d’avril 2022 à juillet 2025) pour l’isoprène, l’α-pinène, le β-pinène et le limonène (monoterpènes), le benzène, le toluène, l’éthylbenzène, les (m + p + o)-xylènes (BTEX).



Référence complète et accès à l’article :
Magand O, Boulanger P, Staménoff P, David M, Hernandez P, Golubic E, Hello Y, Ah-Peng C, Duflot V, Ktata O and Rocco M (2025) Monitoring and volatile organic compounds characterization (isoprene, monoterpene and BTEX) in a tropical-oceanic environment in Reunion island (Indian ocean, south hemisphere). Front. Environ. Sci. 13:1704158. doi: 10.3389/fenvs.2025.170415

Contact local: Olivier Magand

Contact extérieur: Manon Rocco (LCE, Marseille, France)

Qu’est-ce qu’un COV ?

Les composés organiques volatils (COV) sont des substances chimiques que l’on retrouve à l’état gazeux dans l’atmosphère. Ils sont formés d’au moins un atome de carbone et un atome d’hydrogène. Certains d’entre eux sont considérés comme toxiques ou cancérigènes. Les COV entrent dans la composition des carburants mais aussi de nombreux produits courants (peintures, encres, colles, détachants, cosmétiques, etc.). Ils sont émis dans l’atmosphère lors de la combustion des carburants et lors de l’utilisation ou la fabrication de ces produits. Des COV sont également émis par le milieu naturel (forêt par exemple) et certaines aires cultivées. Plusieurs de ces composés participent aux réactions chimiques responsables de la formation de particules fines et de l’ozone troposphérique (présent au niveau du sol, contrairement à celui de la couche d’ozone), un gaz associé à plusieurs effets néfastes sur la santé.

Sites de mesures des COV à La Réunion et dispositif instrumental.

Crédits présentation Manon Rocco, 2025.

Data report: unique time series of data on VOLATILE ORGANIC COMPOUNDS (VOC) in the Southern Hemisphere

La Réunion, west coast. Image by Laurence Fusco on Unsplash.


Time series of volatile organic compounds (VOCs) measured at the OPAR-StPaulMaido observatory mountain station (GAW global station) and the Mare-Longue primary tropical forest, part of the OZC-R, in the heart of Réunion Island: Unique data in the southern hemisphere and associated challenges

Data report article:

The sources and sinks of volatile organic compounds (VOCs) remain poorly understood in the tropical southern hemisphere. To address this gap, VOC measurements were carried out (using Tenax®TA adsorbent tubes) at the OPAR-StPaulMaido observatory (MO, 21.079° S, 55.383° E) and in the Mare-Longue tropical forest, in a nature reserve linked to the OZC-R forest research station (MALO, 21.350° S, 55.743° E). This study presents two unique sets of VOC data concentrations over a period of more than three years (April 2022 to August 2025), as part of MO’s in situ measurements, and over one year (August 2024 to August 2025) at the MALO site. Concentrations of isoprene, monoterpenes (α-pinene, ß-pinene, limonene) and BTEX compounds (benzene, toluene, ethylbenzene and xylenes) were obtained through two weekly samples (day and night) for MO and monthly samples for MALO (day only). The data collected provides important information on the seasonality of VOC concentrations in two distinct environments on a tropical island site located in the middle of the Indian Ocean. They provide a better understanding of future levels and trends of the compounds studied in the context of ongoing climate change in this part of the world. They also enable the continuation of work begun in 2018 at the OPAR-StPaul-Maïdo station to monitor VOCs, key components of atmospheric oxidation capacity and an essential chemical variable studied by the GAZIS national observation service (in situ gas study) managed by RI-ACTRIS, with which the OPAR instrumented site is affiliated. This study also highlights the fundamental interdisciplinary work between two major components of the Réunion Observatory of Universe Sciences, namely OPAR (Réunion Observatory of Atmospheric Physics) and OZC-R (Réunion Critical Zone Observatory).

This work was supported by the OMNCG Research Federation and the ACTRIS-FR research infrastructure listed in the French Roadmap of the Ministry of Research.


VOCs concentrations (expressed in pptv – STP conditions) at the OPAR-Maïdo observatory (MO) (statistics from April 2022 to July 2025) for isoprene, α-pinene, β-pinene and limonene (monoterpenes), benzene, toluene, ethylbenzene, (m + p + o)-xylenes (BTEX).

Full reference and data report access :
Magand O, Boulanger P, Staménoff P, David M, Hernandez P, Golubic E, Hello Y, Ah-Peng C, Duflot V, Ktata O and Rocco M (2025) Monitoring and volatile organic compounds characterization (isoprene, monoterpene and BTEX) in a tropical-oceanic environment in Reunion island (Indian ocean, south hemisphere). Front. Environ. Sci. 13:1704158. doi: 10.3389/fenvs.2025.170415

Local contact : olivier.magand@univ-reunion.fr

External contact : manon.rocco@univ-amu.fr (Manon ROCCO, LCE, Marseille, France)

What is a VOC ?

Volatile organic compounds (VOCs) are chemical substances found in the gaseous state in the atmosphere. They consist of at least one carbon atom and one hydrogen atom. Some of them are considered toxic or carcinogenic. VOCs are present in fuels as well as in many common products (paints, inks, adhesives, stain removers, cosmetics, etc.). They are emitted into the atmosphere during fuel combustion and during the use or production of these products. VOCs are also released by natural sources (forests, for example) and certain cultivated areas. Several of these compounds participate in chemical reactions responsible for the formation of fine particulate matter and tropospheric ozone (present at ground level, unlike ozone in the ozone layer), a gas associated with various harmful effects on human health.

VOC measurement sites in La Réunion and instrumental setup.

Credits presentation for Manon Rocco, 2025.

Participation aux journées de la mesure et de la métrologie 2025

Journées de la Mesure et de la Métrologie, octobre 2025.

Représentant l’équipe technique de l’Observatoire de la Zone Critique de La Réunion (OZC-R), Magali David a participé aux Journées de la Mesure et de la Métrologie (J2M), édition 2025. 

Ces journées, organisées par l’INRAE en octobre 2025, ont eu lieu à Saint-Jacut-de-la-Mer, dans les Côtes-d’Armor. L’un des objectifs de ces journées consiste à créer du réseau et des collaborations entre les participants, qui ont l’occasion de présenter leurs travaux et réalisations au travers de communications orales ou sous forme de posters ou de démonstrations « sur table ».

L’évènement a rassemblé environ 150 personnes (principalement ingénieurs et techniciens), La Réunion étant représentée pour la première fois. 

Durant ces 3 jours de séminaires, une 30aine de présentations orales se sont déroulées. De nombreuses thématiques ont été abordées, telles que les dispositifs de mesures home-made et low-cost, la télétransmission des données, le deep learning (IA) pour le traitement d’images, la géolocalisation d’objets en mouvement et bien sûr la métrologie. 

A cette occasion, parmi 17 posters en tout, le poster de présentation de l’OZC-R a gagné la médaille d’argent (deuxième place) au vote des participants. Une nouvelle reconnaissance du travail des membres de l’OZC-R !

Pour en savoir plus :

Contact:

Magali David, OSU-Réunion / Unité d’Appui et de Recherche

16 septembre 2025 : Journée internationale de la protection de la couche d’ozone

Large, Deep Antarctic Ozone Hole in 2020 — NASA Earth Observatory.

La Journée internationale de la protection de la couche d’ozone est célébrée chaque année le 16 septembre, date anniversaire du Protocole de Montréal (1987), considéré comme l’un des accords environnementaux les plus réussis. Grâce à l’arrêt progressif des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, celle-ci montre aujourd’hui des signes de rétablissement.

Le thème de l’édition 2025, « De la science à l’action globale », rappelle que ce succès est le fruit d’une coopération étroite entre scientifiques, gouvernements et industriels. Cette année marque également les 40 ans de la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone et de la découverte du trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique.

À La Réunion, l’observatoire atmosphérique OPAR (Observatoire de Physique de l’Atmosphère de La Réunion) contribue depuis plus de 25 ans à cette surveillance mondiale en lâchant chaque semaine des ballons-sondes pour mesurer l’ozone dans l’atmosphère. Ces mesures font partie du réseau international NDACC/SHADOZ (Network for the Detection of Atmospheric Composition Change/Southern Hemisphere ADditional OZonesondes) coordonné par la NASA et la NOAA.

En mars 2021, l’équipe SHADOZ de La Réunion a franchi une étape symbolique avec le lancement de sa 1000ᵉ sonde à ozone, constituant ainsi l’une des séries de mesures de l’ozone les plus longues aux tropiques. Ces données précieuses permettent de suivre l’évolution de la couche d’ozone dans l’hémisphère sud, de valider les mesures satellitaires, et de mieux comprendre les changements atmosphériques et climatiques.


Lâcher d’un ballon-sonde ozone depuis la station de Gillot de l’Observatoire de Physique de l’Atmosphère à La Réunion (OPAR) dans le cadre du programme international SHADOZ. En mars 2021, l’équipe a atteint le cap symbolique de la 1000ᵉ sonde à ozone lâchée depuis l’ile
.

Pour en savoir plus :

Contact:

Stéphanie Evan, Laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones (LACy), La Réunion

L’arboretum de l’observatoire de l’atmosphère du Maïdo s’étend, les espèces exotiques envahissantes reculent

“L’équipe de la plantation à l’OPAR-Maido” août 2025. © Franck Gabarrot.

Ce samedi 23 août 2025, l’OPAR (Observatoire de Physique de l’Atmosphère à La Réunion) a accueilli sur son site du Maïdo un chantier de plantation du Collectif 5000 PIE D’BWA. Ce chantier a été accompagné par le Parc National de La Réunion et le Conservatoire Botanique National Mascarin (CBNM). Cette journée a réunit 30 personnes.

Les objectifs :

– entretenir et étendre l’arboretum de l’observatoire ;

– éliminer les espèces exotiques envahissantes de la partie nord ;

– gérer les plateaux extérieurs instrumentés pour la qualité des mesures atmosphériques.

La journée a commencé à 8h30 par un petit déjeuner d’accueil, une présentation des acteurs, de la dynamique et de la volonté de gestion des espaces extérieurs de l’observatoire, ainsi que des objectifs de la journée… puis organisation des opérations, et action !


A 12h30, les pioches se sont tues et tout le monde s’est rassemblé pour un chaleureux pique-nique partagé.

Tout au long de la matinée et du repas, des discussions ont eu lieu autour des thèmes suivants :

– Modèle de gestion à long terme des espaces extérieurs de l’observatoire, lien avec les associations et les écoles.

– Qualité du site pour la formation et sensibilisation sur l’atmosphère, le climat, la botanique et la biodiversité.

– Biosécurité et gestion du risque incendie.

L’après-midi a permis aux personnes présentes de découvrir l’observatoire et ses instruments, d’échanger avec l’équipe de l’OPAR sur l’organisation de la recherche dédiée à l’observation de notre planète et de l’environnement à La Réunion en particulier. De même que l’équipe OPAR et leurs familles ont pu profiter de cette journée pour développer leurs compétences en botanique.

Les prochaines étapes dans le travail de développement de l’arboretum de l’observatoire du Maïdo portent sur la mise en place, avec le support du CBNM, d’une identification visuelle des espèces végétales dans l’arboretum, l’élaboration d’un modèle de gestion à long terme avec l’aide des partenaires, et la poursuite de la démarche de création d’un arboretum conservatoire altimontain.

Et bien sûr, il s’agit de continuer les efforts pour faire reculer le plus loin possible les espèces exotiques envahissantes et soutenir la biodiversité sur le site de l’observatoire du Maïdo !


Merci à tous.toutes pour ce chaleureux moment d’échanges et de travail pour étendre ensemble l’arboretum de l’observatoire et progresser dans la conservation de notre nature !

Nous contacter : communication OSU-Réunion

Retrouver les actions et rejoindre le collectif 5000 PIE D’BWA : lien facebook

Cette action a été réalisée avec le support du LACy dans le cadre de l’installation d’un disdromètre optique financé par l’ANR Hydropop en lien avec la démarche qualité des mesures ACTRIS-Fr/Météo – ACTRIS-EU/CCRES.

Et si vous souhaitez nous rencontrer et rencontrer nos partenaires, l’OPAR ouvre ses portes au public prochainement : le vendredi 19 septembre 2025, pour les journées européennes du patrimoine.


Lien d’informations et réservations

Les nuages, c’est que de l’eau ? Comment le savoir ?

“Nuages dans les montagnes de La Réunion” avril 2025. © Lucas Pailler.

Tout d’abord, il faut les attraper!

Angelica Bianco, Guillaume Chamba et Lucas Pailler, chercheurs au Laboratoire de Météorologie Physique de Clermont-Ferrand (LaMP), disposent d’un collecteur pour échantillonner les gouttelettes de nuages sous forme liquide 1. Ce collecteur a été déployé du 24 mars au 11 avril au sommet d’un mât de 10 m sur le tracé de la piste Omega, le long de la pente du Maïdo, pour échantillonner les nuages qui se forment en altitude par ascension des masses d’air humides.

“Le collecteur BOOGIES” avril 2025. © Lucas Pailler.
“Le collecteur sur son mât et l’équipe du LaMP sur le site de mesure Maïdo/piste Omega” avril 2025. © Lucas Pailler.

Bien plus que de l’eau

L’effort collectif des chercheurs durant la campagne de l’ANR BIOMAÏDO, qui a eu lieu en 2019, a permis d’éclaircir le mécanisme de formation des nuages sur le flanc de la montagne 2,3 et d’analyser la composition chimique et biologique de 14 échantillons 4. Les nuages collectés sur l’Île de La Réunion contiennent bien plus que de l’eau ! L’utilisation de plusieurs méthodes analytiques a mis en évidence la présence dans les gouttelettes de nuage de sels marins, de composés liés au trafic urbain, ainsi que de molécules émises par la végétation. Malheureusement, les analyses courantes ne permettent de cibler qu’une fraction des composés présents dans le nuage (environ 20%). Afin d’avoir une vision plus large de la composition des gouttelettes, une technique de spectrométrie de masse à haute résolution, nommée FT-ICR MS, a été utilisée sur 3 échantillons de cette campagne5.

Cette étude a permis de montrer que les composés organiques sont fraîchement émis par la végétation tropicale présente sur l’île. Néanmoins, plusieurs questions restent ouvertes à la suite de cette campagne, principalement dues au faible nombre d’échantillons collectés pour l’analyse par spectrométrie FT-ICR MS. C’est pourquoi, dans le cadre du projet ANR OPTIC, une nouvelle campagne en collaboration avec l’OSU-Réunion permet de collecter des échantillons de nuage destinés à cette analyse FTICR MS. Les résultats obtenus pour ces échantillons collectés dans cet environnement tropical pourront alors être comparés avec ceux obtenus pour deux autres sites : le Puy de Dôme, en France hexagonale, un site éloigné des sources biogéniques et anthropiques (“remote”), et le Mt Cimone, en Italie, un site influencé par des masses d’air continentales ou sahariennes. Cette comparaison nous permettra d’identifier les molécules communes à tous les sites et celles qui peuvent être considérés comme des marqueurs de sources locales, qu’elles soient biogéniques, anthropiques ou marines.

“La détection des molécules de l’eau par spectrométrie de masse” avril 2025. © Angelica Bianco.
En haut a gauche l’instrument FT-ICR MS (spectromètre de masse), qui permet d’analyser l’eau de nuage et acquérir le spectre de masse à haute résolution, montré en bas. L’attribution de formules brutes aux signaux dans le spectre de masse est possible grâce à la haute résolution et permet de classer les molécules en différentes catégories (lipides, peptides, carbohydrates, ..) en fonction des ratios hydrogène sur carbone (H/C), oxygène sur carbone (O/C) et azote sur carbone (N/C).

Un grand merci à Jean-Marc Metzger, Olivier Magand et David Combemale de l’OSU-Réunion/OPAR, pour l’aide à l’organisation de cette campagne !

(1) Vaitilingom, M.; Bernard, C.; Ribeiro, M.; Verhaege, C.; Gourbeyre, C.; Berthod, C.; Bianco, A.; Deguillaume, L. Design and Evaluation of BOOGIE: A Collector for the Analysis of Cloud Composition and Processes. Atmospheric Meas. Tech. 2025, 18 (5), 1073–1090. https://doi.org/10.5194/amt-18-1073-2025.

(2) Leriche, M.; Tulet, P.; Deguillaume, L.; Burnet, F.; Colomb, A.; Borbon, A.; Jambert, C.; Duflot, V.; Houdier, S.; Jaffrezo, J.-L.; Vaïtilingom, M.; Dominutti, P.; Rocco, M.; Mouchel-Vallon, C.; El Gdachi, S.; Brissy, M.; Fathalli, M.; Maury, N.; Verreyken, B.; Amelynck, C.; Schoon, N.; Gros, V.; Pichon, J.-M.; Ribeiro, M.; Pique, E.; Leclerc, E.; Bourrianne, T.; Roy, A.; Moulin, E.; Barrie, J.; Metzger, J.-M.; Péris, G.; Guadagno, C.; Bhugwant, C.; Tibere, J.-M.; Tournigand, A.; Freney, E.; Sellegri, K.; Delort, A.-M.; Amato, P.; Joly, M.; Baray, J.-L.; Renard, P.; Bianco, A.; Réchou, A.; Payen, G. Measurement Report: Bio-Physicochemistry of Tropical Clouds at Maïdo (Réunion, Indian Ocean): Overview of Results from the BIO-MAÏDO Campaign. Atmospheric Chem. Phys. 2024, 24 (7), 4129–4155. https://doi.org/10.5194/acp-24-4129-2024.

(3) El Gdachi, S.; Tulet, P.; Réchou, A.; Burnet, F.; Mouchel‐Vallon, C.; Jambert, C.; Leriche, M. Thermodynamic Processes Driving Thermal Circulations on Slopes: Modeling Anabatic and Katabatic Flows on Reunion Island. J. Geophys. Res. Atmospheres 2024, 129 (17), e2023JD040431. https://doi.org/10.1029/2023JD040431.

(4) Dominutti, P. A.; Renard, P.; Vaïtilingom, M.; Bianco, A.; Baray, J.-L.; Borbon, A.; Bourianne, T.; Burnet, F.; Colomb, A.; Delort, A.-M.; Duflot, V.; Houdier, S.; Jaffrezo, J.-L.; Joly, M.; Leremboure, M.; Metzger, J.-M.; Pichon, J.-M.; Ribeiro, M.; Rocco, M.; Tulet, P.; Vella, A.; Leriche, M.; Deguillaume, L. Insights into Tropical Cloud Chemistry in Réunion (Indian Ocean): Results from the BIO-MAÏDO Campaign. Atmospheric Chem. Phys. 2022, 22 (1), 505–533. https://doi.org/10.5194/acp-22-505-2022.

(5) Pailler, L.; Deguillaume, L.; Lavanant, H.; Schmitz, I.; Hubert, M.; Nicol, E.; Ribeiro, M.; Pichon, J.-M.; Vaïtilingom, M.; Dominutti, P.; Burnet, F.; Tulet, P.; Leriche, M.; Bianco, A. Molecular Composition of Clouds: A Comparison between Samples Collected at Tropical (Réunion Island, France) and Mid-North (Puy de Dôme, France) Latitudes. Atmos Chem Phys 2024, 24 (9), 5567–5584. https://doi.org/10.5194/acp-24-5567-2024.

Contact:

Angelica Bianco, Laboratoire de Météorologie Physique LaMP/CNRS, Clermont-Ferrand

Une caméra pour l’observation des TLEs au Maïdo

“Farfadets danseurs” captés au-dessus de la Manche le 28 mai 2017. © Stéphane Vetter.


Les TLEs, phénomènes lumineux au-dessus des orages

Les phénomènes lumineux transitoires (TLE en anglais de Transient Luminous Event) sont de nature électrique et se produisent au-dessus des orages sous diverses formes qui permettent d’en faire une classification :

– les blue starters, les blue jets et les jets géants émergent du sommet nuageux et se différencient par l’altitude qu’ils atteignent (environ 20, 40 et 90 km, respectivement), la région du nuage où ils démarrent et la polarité de la charge qu’ils transfèrent ;

– les sprites (farfadets en français) se déclenchent aux alentours de 70 km d’altitude au-dessus des régions stratiformes par suite d’un éclair nuage-sol positif ;

– les ELVES (de l’anglais Emission of Light and Very low frequency perturbations due to Electromagnetic pulse Sources) sous la forme d’un anneau lumineux à la base de l’ionosphère (90 km la nuit) produites par des puissants éclairs nuage-sol.

Peu lumineux, de faible durée mais de grande taille, les TLEs nécessitent des caméras très sensibles pour les rendre visibles. Ils constituent une manifestation de l’orage au même titre que les éclairs mais en plus faible quantité. Ils sont étudiés pour l’impact qu’ils peuvent avoir sur le circuit électrique global et l’environnement électromagnétique du système Terre.

Représentation schématique des principaux TLEs dans leur environnement au-dessus d’un orage.

Exemples de TLE : À gauche, un sprite vu à 350 km depuis le Pic du Midi (2877 m, Pyrénées, France) le 2/09/2009 ; au centre, une ELVE enregistrée au Pic du Midi le 22/02/2012 ; à droite deux jets géants enregistrés à La Réunion à environ 50 km par Patrice Huet le 7/03/2010.


Une caméra haute-sensibilité installée à l’observatoire de physique de l’atmosphère de La Réunion (OPAR) au Maïdo

Pour l’observation de ces phénomènes à distance depuis l’OPAR sur le site du Maïdo (l’orage doit être à une certaine distance pour avoir une vue dégagée), une caméra très sensible est utilisée. C’est une caméra Watec qui a une sensibilité de 0,1 millilux, gérée, contrôlable et pilotable à distance par internet. Le climat tropical et l’atmosphère océanique sont favorables à tout type de TLE, notamment les jets géants.

Exemples d’observations réalisées à l’OPAR au Maïdo : à gauche, jet géant observé le 12 février 2020 ; à droite, halo et sprite observé le 17 février 2025.


Étude d’un cas exceptionnel d’orage ayant produit 13 jets géants

Treize jets géants ont été observés le 12 février 2020 à l’aide de la caméra vidéo installée à l’observatoire du Maïdo. Ils ont été produits en 68 minutes par des cellules orageuses intégrées à un système convectif situé à près de 500 km du Maïdo et associé à la dépression tropicale Francisco, qui était une tempête tropicale modérée du 5 au 7 février, mais qui s’est affaiblie et a dérivé vers l’ouest, en direction de Madagascar. Le 12 février, la dépression résiduelle est passée au nord-ouest de l’île de La Réunion, où elle a commencé à se réactiver et à se creuser pendant la nuit de ces événements. L’étude a été publiée dans le Journal of Geophysical Research.

À gauche : géopotentiel au niveau 500 hPa (altitude de la pression 500 hPa, échelle de couleurs en km) et vent horizontal (flèches) dans une grande zone de l’océan Indien occidental, à 20h00 UTC le 12 février 2020. Le carré blanc correspond à la zone de l’orage qui a produit les 13 jets géants et la flèche blanche indique l’île de La Réunion. À droite, température du sommet des nuages mesurée par Météosat le 12 février 2020 à 21h03 UTC dans la région de l’orage produisant les jets.Le cercle blanc en pointillés, d’un rayon de 500 kilomètres, est centré sur la caméra (triangle blanc) au Maïdo.Les lignes noires indiquent le champ de vision de la caméra. Les cercles roses et les symboles + rouges représentent respectivement les éclairs nuage-sol négatifs et positifs, détectés entre 21h00 et 21h05 UTC.Les jets géants ont été produits par l’orage 2 (Storm 2).

Images issues de l’imagerie vidéo de huit jets géants en plein développement. L’heure indiquée pour chaque cas (heure:minute) est en UTC. Les altitudes sont indiquées pour le sommet et la base de la partie visible des jets.

Pour en savoir plus :

Soula, S., Mlynarczyk, J., van der Velde, O., Montanya, J., & Leclerc, E. (2023). High production of gigantic jets by a thunderstorm over Indian Ocean. Journal of Geophysical Research: Atmospheres, 128, e2023JD039486. https://doi.org/10.1029/2023JD039486

Contact:

Serge Soula, Laboratoire d’Aérologie, Toulouse

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