Data report: des séries temporelles de données uniques sur les COMPOSES ORGANIQUES VOLATILS (COV) dans l’hémisphère sud

La Réunion, côte ouest. Photo de Laurence FUSCO sur Unsplash.

Séries temporelles de composés organiques volatils (COV) mesurés dans la station de montagne de l’observatoire OPAR-StPaulMaido (station GAW global) et la forêt tropicale primaire de Mare-Longue, composante de l’OZC-R, au cœur de l’île de la Réunion : des données uniques dans l’hémisphère sud et enjeux associés.

Résumé de l’article:

Les sources et les puits de composés organiques volatils (COV) restent encore méconnus dans l’hémisphère sud tropical. Afin de combler cette lacune, des mesures de COV ont été mises en œuvre (collecte par tubes adsorbants Tenax®TA) à l’observatoire OPAR-StPaulMaido (MO, 21,079° S, 55,383° E) et dans la forêt tropicale de Mare-Longue, dans une réserve naturelle liée à la station de recherche forestière OZC-R (MALO, 21,350° S, 55,743° E). Cette étude présente deux jeux uniques de données de concentrations de COV sur une durée de plus de trois années (avril 2022 à août 2025), dans le cadre des mesures in situ de MO, et sur une année (août 2024 à août 2025) sur le site de MALO. Les concentrations d’isoprène, de monoterpènes (α-pinène, ß-pinène, limonène) et de composés BTEX (benzène, toluène, éthylbenzène et xylènes) ont été obtenues par le biais de deux prélèvements hebdomadaires (journée et nuit) pour MO et mensuels pour MALO (journée seulement). Les données collectées fournissent des informations importantes sur la saisonnalité des concentrations de COV dans deux environnements distincts sur un site insulaire tropical au milieu de l’océan Indien. Elles permettent de mieux comprendre les niveaux et les tendances futurs des composés étudiés dans le contexte du changement climatique en cours dans cette partie du monde. Ces mesures prolongent le travail initié depuis 2018 à la station OPAR-StPaulMaido de suivi des COV, composants clés de la capacité d’oxydation atmosphérique et variable chimique essentielle étudiée au sein du service national d’observation GAZIS (étude des gaz in situ) géré par l’IR-ACTRIS, et auquel le site instrumenté OPAR est affilié. Cette étude met également en exergue le travail interdisciplinaire fondamental entre deux composantes majeures de l’Observatoire des Sciences de l’Univers de la Réunion que sont l’OPAR (Observatoire de la Physique de l’Atmosphère à la Réunion) et l’OZC-R (Observatoire de la Zone Critique de la Réunion).

Ce travail a bénéficié du soutien de la Fédération de Recherche OMNCG et de l’infrastructure de Recherche ACTRIS-FR inscrite sur la Feuille de route Française du Ministère en charge de la Recherche.

Concentrations de COV (exprimées en pptv – conditions STP) à l’observatoire OPAR-StPaulMaido (statistiques d’avril 2022 à juillet 2025) pour l’isoprène, l’α-pinène, le β-pinène et le limonène (monoterpènes), le benzène, le toluène, l’éthylbenzène, les (m + p + o)-xylènes (BTEX).



Référence complète et accès à l’article :
Magand O, Boulanger P, Staménoff P, David M, Hernandez P, Golubic E, Hello Y, Ah-Peng C, Duflot V, Ktata O and Rocco M (2025) Monitoring and volatile organic compounds characterization (isoprene, monoterpene and BTEX) in a tropical-oceanic environment in Reunion island (Indian ocean, south hemisphere). Front. Environ. Sci. 13:1704158. doi: 10.3389/fenvs.2025.170415

Contact local: Olivier Magand

Contact extérieur: Manon Rocco (LCE, Marseille, France)

Qu’est-ce qu’un COV ?

Les composés organiques volatils (COV) sont des substances chimiques que l’on retrouve à l’état gazeux dans l’atmosphère. Ils sont formés d’au moins un atome de carbone et un atome d’hydrogène. Certains d’entre eux sont considérés comme toxiques ou cancérigènes. Les COV entrent dans la composition des carburants mais aussi de nombreux produits courants (peintures, encres, colles, détachants, cosmétiques, etc.). Ils sont émis dans l’atmosphère lors de la combustion des carburants et lors de l’utilisation ou la fabrication de ces produits. Des COV sont également émis par le milieu naturel (forêt par exemple) et certaines aires cultivées. Plusieurs de ces composés participent aux réactions chimiques responsables de la formation de particules fines et de l’ozone troposphérique (présent au niveau du sol, contrairement à celui de la couche d’ozone), un gaz associé à plusieurs effets néfastes sur la santé.

Sites de mesures des COV à La Réunion et dispositif instrumental.

Participation aux journées de la mesure et de la métrologie 2025

Journées de la Mesure et de la Métrologie, octobre 2025.

Représentant l’équipe technique de l’Observatoire de la Zone Critique de La Réunion (OZC-R), Magali David a participé aux Journées de la Mesure et de la Métrologie (J2M), édition 2025. 

Ces journées, organisées par l’INRAE en octobre 2025, ont eu lieu à Saint-Jacut-de-la-Mer, dans les Côtes-d’Armor. L’un des objectifs de ces journées consiste à créer du réseau et des collaborations entre les participants, qui ont l’occasion de présenter leurs travaux et réalisations au travers de communications orales ou sous forme de posters ou de démonstrations « sur table ».

L’évènement a rassemblé environ 150 personnes (principalement ingénieurs et techniciens), La Réunion étant représentée pour la première fois. 

Durant ces 3 jours de séminaires, une 30aine de présentations orales se sont déroulées. De nombreuses thématiques ont été abordées, telles que les dispositifs de mesures home-made et low-cost, la télétransmission des données, le deep learning (IA) pour le traitement d’images, la géolocalisation d’objets en mouvement et bien sûr la métrologie. 

A cette occasion, parmi 17 posters en tout, le poster de présentation de l’OZC-R a gagné la médaille d’argent (deuxième place) au vote des participants. Une nouvelle reconnaissance du travail des membres de l’OZC-R !

Pour en savoir plus :

Contact:

Magali David, OSU-Réunion / Unité d’Appui et de Recherche

16 septembre 2025 : Journée internationale de la protection de la couche d’ozone

Large, Deep Antarctic Ozone Hole in 2020 — NASA Earth Observatory.

La Journée internationale de la protection de la couche d’ozone est célébrée chaque année le 16 septembre, date anniversaire du Protocole de Montréal (1987), considéré comme l’un des accords environnementaux les plus réussis. Grâce à l’arrêt progressif des substances qui appauvrissent la couche d’ozone, celle-ci montre aujourd’hui des signes de rétablissement.

Le thème de l’édition 2025, « De la science à l’action globale », rappelle que ce succès est le fruit d’une coopération étroite entre scientifiques, gouvernements et industriels. Cette année marque également les 40 ans de la Convention de Vienne pour la protection de la couche d’ozone et de la découverte du trou d’ozone au-dessus de l’Antarctique.

À La Réunion, l’observatoire atmosphérique OPAR (Observatoire de Physique de l’Atmosphère de La Réunion) contribue depuis plus de 25 ans à cette surveillance mondiale en lâchant chaque semaine des ballons-sondes pour mesurer l’ozone dans l’atmosphère. Ces mesures font partie du réseau international NDACC/SHADOZ (Network for the Detection of Atmospheric Composition Change/Southern Hemisphere ADditional OZonesondes) coordonné par la NASA et la NOAA.

En mars 2021, l’équipe SHADOZ de La Réunion a franchi une étape symbolique avec le lancement de sa 1000ᵉ sonde à ozone, constituant ainsi l’une des séries de mesures de l’ozone les plus longues aux tropiques. Ces données précieuses permettent de suivre l’évolution de la couche d’ozone dans l’hémisphère sud, de valider les mesures satellitaires, et de mieux comprendre les changements atmosphériques et climatiques.


Lâcher d’un ballon-sonde ozone depuis la station de Gillot de l’Observatoire de Physique de l’Atmosphère à La Réunion (OPAR) dans le cadre du programme international SHADOZ. En mars 2021, l’équipe a atteint le cap symbolique de la 1000ᵉ sonde à ozone lâchée depuis l’ile
.

Pour en savoir plus :

Contact:

Stéphanie Evan, Laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones (LACy), La Réunion

L’arboretum de l’observatoire de l’atmosphère du Maïdo s’étend, les espèces exotiques envahissantes reculent

“L’équipe de la plantation à l’OPAR-Maido” août 2025. © Franck Gabarrot.

Ce samedi 23 août 2025, l’OPAR (Observatoire de Physique de l’Atmosphère à La Réunion) a accueilli sur son site du Maïdo un chantier de plantation du Collectif 5000 PIE D’BWA. Ce chantier a été accompagné par le Parc National de La Réunion et le Conservatoire Botanique National Mascarin (CBNM). Cette journée a réunit 30 personnes.

Les objectifs :

– entretenir et étendre l’arboretum de l’observatoire ;

– éliminer les espèces exotiques envahissantes de la partie nord ;

– gérer les plateaux extérieurs instrumentés pour la qualité des mesures atmosphériques.

La journée a commencé à 8h30 par un petit déjeuner d’accueil, une présentation des acteurs, de la dynamique et de la volonté de gestion des espaces extérieurs de l’observatoire, ainsi que des objectifs de la journée… puis organisation des opérations, et action !


A 12h30, les pioches se sont tues et tout le monde s’est rassemblé pour un chaleureux pique-nique partagé.

Tout au long de la matinée et du repas, des discussions ont eu lieu autour des thèmes suivants :

– Modèle de gestion à long terme des espaces extérieurs de l’observatoire, lien avec les associations et les écoles.

– Qualité du site pour la formation et sensibilisation sur l’atmosphère, le climat, la botanique et la biodiversité.

– Biosécurité et gestion du risque incendie.

L’après-midi a permis aux personnes présentes de découvrir l’observatoire et ses instruments, d’échanger avec l’équipe de l’OPAR sur l’organisation de la recherche dédiée à l’observation de notre planète et de l’environnement à La Réunion en particulier. De même que l’équipe OPAR et leurs familles ont pu profiter de cette journée pour développer leurs compétences en botanique.

Les prochaines étapes dans le travail de développement de l’arboretum de l’observatoire du Maïdo portent sur la mise en place, avec le support du CBNM, d’une identification visuelle des espèces végétales dans l’arboretum, l’élaboration d’un modèle de gestion à long terme avec l’aide des partenaires, et la poursuite de la démarche de création d’un arboretum conservatoire altimontain.

Et bien sûr, il s’agit de continuer les efforts pour faire reculer le plus loin possible les espèces exotiques envahissantes et soutenir la biodiversité sur le site de l’observatoire du Maïdo !


Merci à tous.toutes pour ce chaleureux moment d’échanges et de travail pour étendre ensemble l’arboretum de l’observatoire et progresser dans la conservation de notre nature !

Nous contacter : communication OSU-Réunion

Retrouver les actions et rejoindre le collectif 5000 PIE D’BWA : lien facebook

Cette action a été réalisée avec le support du LACy dans le cadre de l’installation d’un disdromètre optique financé par l’ANR Hydropop en lien avec la démarche qualité des mesures ACTRIS-Fr/Météo – ACTRIS-EU/CCRES.

Et si vous souhaitez nous rencontrer et rencontrer nos partenaires, l’OPAR ouvre ses portes au public prochainement : le vendredi 19 septembre 2025, pour les journées européennes du patrimoine.


Lien d’informations et réservations

Les nuages, c’est que de l’eau ? Comment le savoir ?

“Nuages dans les montagnes de La Réunion” avril 2025. © Lucas Pailler.

Tout d’abord, il faut les attraper!

Angelica Bianco, Guillaume Chamba et Lucas Pailler, chercheurs au Laboratoire de Météorologie Physique de Clermont-Ferrand (LaMP), disposent d’un collecteur pour échantillonner les gouttelettes de nuages sous forme liquide 1. Ce collecteur a été déployé du 24 mars au 11 avril au sommet d’un mât de 10 m sur le tracé de la piste Omega, le long de la pente du Maïdo, pour échantillonner les nuages qui se forment en altitude par ascension des masses d’air humides.

“Le collecteur BOOGIES” avril 2025. © Lucas Pailler.
“Le collecteur sur son mât et l’équipe du LaMP sur le site de mesure Maïdo/piste Omega” avril 2025. © Lucas Pailler.

Bien plus que de l’eau

L’effort collectif des chercheurs durant la campagne de l’ANR BIOMAÏDO, qui a eu lieu en 2019, a permis d’éclaircir le mécanisme de formation des nuages sur le flanc de la montagne 2,3 et d’analyser la composition chimique et biologique de 14 échantillons 4. Les nuages collectés sur l’Île de La Réunion contiennent bien plus que de l’eau ! L’utilisation de plusieurs méthodes analytiques a mis en évidence la présence dans les gouttelettes de nuage de sels marins, de composés liés au trafic urbain, ainsi que de molécules émises par la végétation. Malheureusement, les analyses courantes ne permettent de cibler qu’une fraction des composés présents dans le nuage (environ 20%). Afin d’avoir une vision plus large de la composition des gouttelettes, une technique de spectrométrie de masse à haute résolution, nommée FT-ICR MS, a été utilisée sur 3 échantillons de cette campagne5.

Cette étude a permis de montrer que les composés organiques sont fraîchement émis par la végétation tropicale présente sur l’île. Néanmoins, plusieurs questions restent ouvertes à la suite de cette campagne, principalement dues au faible nombre d’échantillons collectés pour l’analyse par spectrométrie FT-ICR MS. C’est pourquoi, dans le cadre du projet ANR OPTIC, une nouvelle campagne en collaboration avec l’OSU-Réunion permet de collecter des échantillons de nuage destinés à cette analyse FTICR MS. Les résultats obtenus pour ces échantillons collectés dans cet environnement tropical pourront alors être comparés avec ceux obtenus pour deux autres sites : le Puy de Dôme, en France hexagonale, un site éloigné des sources biogéniques et anthropiques (“remote”), et le Mt Cimone, en Italie, un site influencé par des masses d’air continentales ou sahariennes. Cette comparaison nous permettra d’identifier les molécules communes à tous les sites et celles qui peuvent être considérés comme des marqueurs de sources locales, qu’elles soient biogéniques, anthropiques ou marines.

“La détection des molécules de l’eau par spectrométrie de masse” avril 2025. © Angelica Bianco.
En haut a gauche l’instrument FT-ICR MS (spectromètre de masse), qui permet d’analyser l’eau de nuage et acquérir le spectre de masse à haute résolution, montré en bas. L’attribution de formules brutes aux signaux dans le spectre de masse est possible grâce à la haute résolution et permet de classer les molécules en différentes catégories (lipides, peptides, carbohydrates, ..) en fonction des ratios hydrogène sur carbone (H/C), oxygène sur carbone (O/C) et azote sur carbone (N/C).

Un grand merci à Jean-Marc Metzger, Olivier Magand et David Combemale de l’OSU-Réunion/OPAR, pour l’aide à l’organisation de cette campagne !

(1) Vaitilingom, M.; Bernard, C.; Ribeiro, M.; Verhaege, C.; Gourbeyre, C.; Berthod, C.; Bianco, A.; Deguillaume, L. Design and Evaluation of BOOGIE: A Collector for the Analysis of Cloud Composition and Processes. Atmospheric Meas. Tech. 2025, 18 (5), 1073–1090. https://doi.org/10.5194/amt-18-1073-2025.

(2) Leriche, M.; Tulet, P.; Deguillaume, L.; Burnet, F.; Colomb, A.; Borbon, A.; Jambert, C.; Duflot, V.; Houdier, S.; Jaffrezo, J.-L.; Vaïtilingom, M.; Dominutti, P.; Rocco, M.; Mouchel-Vallon, C.; El Gdachi, S.; Brissy, M.; Fathalli, M.; Maury, N.; Verreyken, B.; Amelynck, C.; Schoon, N.; Gros, V.; Pichon, J.-M.; Ribeiro, M.; Pique, E.; Leclerc, E.; Bourrianne, T.; Roy, A.; Moulin, E.; Barrie, J.; Metzger, J.-M.; Péris, G.; Guadagno, C.; Bhugwant, C.; Tibere, J.-M.; Tournigand, A.; Freney, E.; Sellegri, K.; Delort, A.-M.; Amato, P.; Joly, M.; Baray, J.-L.; Renard, P.; Bianco, A.; Réchou, A.; Payen, G. Measurement Report: Bio-Physicochemistry of Tropical Clouds at Maïdo (Réunion, Indian Ocean): Overview of Results from the BIO-MAÏDO Campaign. Atmospheric Chem. Phys. 2024, 24 (7), 4129–4155. https://doi.org/10.5194/acp-24-4129-2024.

(3) El Gdachi, S.; Tulet, P.; Réchou, A.; Burnet, F.; Mouchel‐Vallon, C.; Jambert, C.; Leriche, M. Thermodynamic Processes Driving Thermal Circulations on Slopes: Modeling Anabatic and Katabatic Flows on Reunion Island. J. Geophys. Res. Atmospheres 2024, 129 (17), e2023JD040431. https://doi.org/10.1029/2023JD040431.

(4) Dominutti, P. A.; Renard, P.; Vaïtilingom, M.; Bianco, A.; Baray, J.-L.; Borbon, A.; Bourianne, T.; Burnet, F.; Colomb, A.; Delort, A.-M.; Duflot, V.; Houdier, S.; Jaffrezo, J.-L.; Joly, M.; Leremboure, M.; Metzger, J.-M.; Pichon, J.-M.; Ribeiro, M.; Rocco, M.; Tulet, P.; Vella, A.; Leriche, M.; Deguillaume, L. Insights into Tropical Cloud Chemistry in Réunion (Indian Ocean): Results from the BIO-MAÏDO Campaign. Atmospheric Chem. Phys. 2022, 22 (1), 505–533. https://doi.org/10.5194/acp-22-505-2022.

(5) Pailler, L.; Deguillaume, L.; Lavanant, H.; Schmitz, I.; Hubert, M.; Nicol, E.; Ribeiro, M.; Pichon, J.-M.; Vaïtilingom, M.; Dominutti, P.; Burnet, F.; Tulet, P.; Leriche, M.; Bianco, A. Molecular Composition of Clouds: A Comparison between Samples Collected at Tropical (Réunion Island, France) and Mid-North (Puy de Dôme, France) Latitudes. Atmos Chem Phys 2024, 24 (9), 5567–5584. https://doi.org/10.5194/acp-24-5567-2024.

Contact:

Angelica Bianco, Laboratoire de Météorologie Physique LaMP/CNRS, Clermont-Ferrand

Une caméra pour l’observation des TLEs au Maïdo

“Farfadets danseurs” captés au-dessus de la Manche le 28 mai 2017. © Stéphane Vetter.


Les TLEs, phénomènes lumineux au-dessus des orages

Les phénomènes lumineux transitoires (TLE en anglais de Transient Luminous Event) sont de nature électrique et se produisent au-dessus des orages sous diverses formes qui permettent d’en faire une classification :

– les blue starters, les blue jets et les jets géants émergent du sommet nuageux et se différencient par l’altitude qu’ils atteignent (environ 20, 40 et 90 km, respectivement), la région du nuage où ils démarrent et la polarité de la charge qu’ils transfèrent ;

– les sprites (farfadets en français) se déclenchent aux alentours de 70 km d’altitude au-dessus des régions stratiformes par suite d’un éclair nuage-sol positif ;

– les ELVES (de l’anglais Emission of Light and Very low frequency perturbations due to Electromagnetic pulse Sources) sous la forme d’un anneau lumineux à la base de l’ionosphère (90 km la nuit) produites par des puissants éclairs nuage-sol.

Peu lumineux, de faible durée mais de grande taille, les TLEs nécessitent des caméras très sensibles pour les rendre visibles. Ils constituent une manifestation de l’orage au même titre que les éclairs mais en plus faible quantité. Ils sont étudiés pour l’impact qu’ils peuvent avoir sur le circuit électrique global et l’environnement électromagnétique du système Terre.

Représentation schématique des principaux TLEs dans leur environnement au-dessus d’un orage.

Exemples de TLE : À gauche, un sprite vu à 350 km depuis le Pic du Midi (2877 m, Pyrénées, France) le 2/09/2009 ; au centre, une ELVE enregistrée au Pic du Midi le 22/02/2012 ; à droite deux jets géants enregistrés à La Réunion à environ 50 km par Patrice Huet le 7/03/2010.


Une caméra haute-sensibilité installée à l’observatoire de physique de l’atmosphère de La Réunion (OPAR) au Maïdo

Pour l’observation de ces phénomènes à distance depuis l’OPAR sur le site du Maïdo (l’orage doit être à une certaine distance pour avoir une vue dégagée), une caméra très sensible est utilisée. C’est une caméra Watec qui a une sensibilité de 0,1 millilux, gérée, contrôlable et pilotable à distance par internet. Le climat tropical et l’atmosphère océanique sont favorables à tout type de TLE, notamment les jets géants.

Exemples d’observations réalisées à l’OPAR au Maïdo : à gauche, jet géant observé le 12 février 2020 ; à droite, halo et sprite observé le 17 février 2025.


Étude d’un cas exceptionnel d’orage ayant produit 13 jets géants

Treize jets géants ont été observés le 12 février 2020 à l’aide de la caméra vidéo installée à l’observatoire du Maïdo. Ils ont été produits en 68 minutes par des cellules orageuses intégrées à un système convectif situé à près de 500 km du Maïdo et associé à la dépression tropicale Francisco, qui était une tempête tropicale modérée du 5 au 7 février, mais qui s’est affaiblie et a dérivé vers l’ouest, en direction de Madagascar. Le 12 février, la dépression résiduelle est passée au nord-ouest de l’île de La Réunion, où elle a commencé à se réactiver et à se creuser pendant la nuit de ces événements. L’étude a été publiée dans le Journal of Geophysical Research.

À gauche : géopotentiel au niveau 500 hPa (altitude de la pression 500 hPa, échelle de couleurs en km) et vent horizontal (flèches) dans une grande zone de l’océan Indien occidental, à 20h00 UTC le 12 février 2020. Le carré blanc correspond à la zone de l’orage qui a produit les 13 jets géants et la flèche blanche indique l’île de La Réunion. À droite, température du sommet des nuages mesurée par Météosat le 12 février 2020 à 21h03 UTC dans la région de l’orage produisant les jets.Le cercle blanc en pointillés, d’un rayon de 500 kilomètres, est centré sur la caméra (triangle blanc) au Maïdo.Les lignes noires indiquent le champ de vision de la caméra. Les cercles roses et les symboles + rouges représentent respectivement les éclairs nuage-sol négatifs et positifs, détectés entre 21h00 et 21h05 UTC.Les jets géants ont été produits par l’orage 2 (Storm 2).

Images issues de l’imagerie vidéo de huit jets géants en plein développement. L’heure indiquée pour chaque cas (heure:minute) est en UTC. Les altitudes sont indiquées pour le sommet et la base de la partie visible des jets.

Pour en savoir plus :

Soula, S., Mlynarczyk, J., van der Velde, O., Montanya, J., & Leclerc, E. (2023). High production of gigantic jets by a thunderstorm over Indian Ocean. Journal of Geophysical Research: Atmospheres, 128, e2023JD039486. https://doi.org/10.1029/2023JD039486

Contact:

Serge Soula, Laboratoire d’Aérologie, Toulouse

Les mesures de houle du site transversal outremer ILICO Réunion utilisées pour valider un modèle global de la houle

Les mesures de houle réalisées dans le cadre de l’observatoire OCTOPUS et du Site Transversal Outremer ILICO de La Réunion, pour les services nationaux d’observations DYNALIT et ReefTEMPS-OI, ont permis de valider un modèle numérique WW3 global de la houle. 

Ce modèle qui utilise une grille non structurée permet des zooms côtiers sur les îles situées dans la bande inter-tropicale. La résolution de ce modèle sur les côtes de La Réunion est alors de 100m. 

Une autre amélioration de ce modèle permet de corriger les vents pour les événements extrêmes et améliorer ainsi la prévision des houles en condition cyclonique. 

Plus d’informations sur les méthodes utilisées dans le papier à ce lien : https://doi.org/10.5194/gmd-18-1929-2025 

Ce travail qui utilise les données d’observations a été effectué dans le cadre du programme ANR FUTURISKs: https://futurisks.recherche.univ-lr.fr/ 

Contact: Emmanuel Cordier, OSU-Réunion (Université de La Réunion, CNRS, Météo-France, IRD), St Denis.

Journée scientifique de l’OSU-Réunion

Vous trouverez ici les présentations réalisées lors de la journée scientifique de l’OSU-Réunion, le 17 décembre 2024 à SEAS-OI Saint Pierre.

Les présentations des observations de l’OSU-R et de l’OVPF/IPGP:

Modèles et tendances du mercure atmosphérique dans le réseau GMOS : aperçu basé sur une décennie de mesures

Le réseau du Système mondial d’observation du mercure (GMOS), initialement programmé sur cinq ans (2010-2015) et financé par la Commission européenne, s’est poursuivi sous l’égide de GEO-GOS4M. GMOS a été envisagé comme un système d’observation coordonné pour surveiller le mercure atmosphérique (Hg) à l’échelle planétaire, afin de soutenir et d’évaluer la mise en œuvre efficace de la Convention de Minamata dédiée à ce polluant de grand ampleur. 28 stations terrestres ont initialement participé aux activités de surveillance lors de la création de GMOS. Ce réseau offre une couverture représentative de toutes les latitudes (Arctique, Antarctique, hémisphères nord et sud, zone tropicale). Ce travail présente les concentrations atmosphériques de Hg (TGM ou GEM), collectées de 2011 à 2020. Les principaux résultats ont confirmé un gradient clair des concentrations de TGM/GEM entre les hémisphères, une tendance à la baisse fortement significative des niveaux de TGM/GEM pour certaines stations éloignées disposant d’une couverture de données d’au moins 5 ans, ainsi que des saisonnalités spécifiques en fonction de la latitude et du type de sites considéré. Les travaux réalisés montrent la nécessité de mettre en place des stations de mesure du TGM/GEM en milieu océanique, notamment en zone tropicale (exemple du site de l’OPAR-Maido avec des données collectées depuis 2017 – non présenté dans cette étude, en raison d’une couverture temporelle inférieure à la décennie).

« Localisation des sites de surveillance du réseau GMOS inclus dans cette étude. Les différentes formes et couleurs correspondent à la classification des stations: Éloignée, Rurale, Suburbaine et Urbaine, ainsi qu’à site de « bruit de fond », côtier et de haute altitude. Réseau GMOS: https://www.gmos.eu/»


Référence complète:

Bencardino, M., D’Amore, F., Angot, H., Angiuli, L., Bertrand, Y., Cairns, W., Dieguez, M.C., Dommergue, A., Ebinghaus, R., Esposito, G., Komınkova, K., Labuschagne, C., Mannarino, V., Martin, L., Martino, M., Neves, L.M., Mashyanov, N., Magand, O., Nelson, P., Norstrom, C., Read, K., Sholupov, S., Skov, H., Tassone, A., Vıtkova, G.,Cinnirella, S., Sprovieri, F. and Pirrone, N., 2024.
Patterns and trends of atmospheric mercury in the GMOS network : insights based on a decade of measurements. Environmental pollution 363, 125104,
https://doi.org/10.1016/j.envpol.2024.125104.

Contact local:
olivier.magand@univ-reunion.fr

Contact extérieur:
mariantonia.bencardino@cnr.it
(CNR, Italie)

Le cycle du Mercure, Angot 2016.”

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