Le projet BIOSCAN-FR : caractérisation moléculaire et surveillance de la biodiversité terrestre en France et Outre-Mer

« Pièges Malaise installés en juin 2024 pour une durée d’un an le long d’un gradient d’altitude, sur les sites d’observation de l’OSU Réunion. (A) Maïdo à l’OPAR ; (B) La Plaine des Fougères et (C) la forêt de Mare Longue »

Résumé

Dans le cadre de la mise en œuvre d’une stratégie nationale de surveillance de la biodiversité terrestre (s’inscrivant dans la Stratégie Nationale pour la Biodiversité), BIOSCAN-FR vise à conceptualiser et tester opérationnellement un système de surveillance axé sur les insectes volants et basé sur l’utilisation d’outils moléculaires pour identifier les espèces. À partir de ce système de suivi, les objectifs à long terme sont de: (i) fournir une meilleure caractérisation des communautés d’espèces et de leur évolution dans le temps (e.g. diversité spécifique et fonctionnelle, phénologie, variations temporelles, etc.) ; (ii) faciliter les comparaisons entre les sites grâce à des protocoles standardisés (e.g. similarité spatiale des communautés, impact des facteurs environnementaux, etc.) ; (iii) identifier des bioindicateurs potentiels et faciliter la détection d’espèces d’intérêt (e.g. espèces introduites ou patrimoniales) pour orienter les politiques publiques et les programmes de gestion ou de conservation. Trois pièges ont été installés sur les sites d’observation de l’OSU-R selon un gradient altitudinal : Maïdo, Plaine des Fougères et Mare Longue. Ce projet vise à informer sur plusieurs variables essentielles de biodiversité (EBV) qui pourront être comparées aux données climatiques enregistrées en continu sur ces sites. Ces observations de biodiversité intègrent également les recommandations de l’IR eLTER dans le cadre de l’observation standard SOBIO_014 flying insects.

Présence d’insectes volants dans le piège malaise A déployé
à l’OPAR-Maido après 7 jours de déploiement (crédit: D. Combemale).

Projet coordonné par le Muséum national d’Histoire naturelle et l’Office français de la biodiversité

Contacts locaux : claudine.ahpeng@univ-reunion.fr; Olivier.magand@univ-reunion.fr; pierre.stamenoff@univ-reunion.fr; david.combemale@univ-reunion.fr

Contacts extérieurs :  lucas.sire@mnhn.fr & Rodolphe.rougerie@mnhn.fr

VLF4IONS : la surveillance de l’ionosphère en VLF

Éruption solaire du 10 Mai 2024. (@SDO/AIA, https://sdo.gsfc.nasa.gov/data/)

C. Briand & P. Teysseyre, Observatoire de Paris

Introduction

L’état de l’ionosphère terrestre est contrôlé par le Soleil. Cette couche atmosphérique présente la particularité d’avoir un accroissement important des particules ionisées, une caractéristique qui lui confère des propriétés singulières pour la propagation des ondes électromagnétiques. En cas d’éruptions solaires (flare pour reprendre la terminologie anglaise), le rayonnement X augmente jusqu’à 100 à 1000 fois en quelques minutes. Ce rayonnement solaire met huit minutes à atteindre la Terre et induit une augmentation de l’ionisation des couches les plus basses de l’atmosphère (à partir de 60km voire moins). La couche-D, située entre 60 et 80km d’altitude, est responsable d’une grande partie de l’absorption des ondes dans le domaine HF (3-30MHz). Or, ces fréquences sont régulièrement utilisées pour des usages civils ou militaires. Comprendre les mécanismes de forçage et de remise à l’équilibre de cette couche sur différentes échelles de temps (de la seconde à l’année), fournir des alertes temps-réel de l’occurrence d’une éruption solaire, estimer son impact en termes d’absorption HF, modéliser précisément les perturbations électroniques lors d’un forçage solaire sont les questions fondatrices du projet ‘VLF For Ionosphérique Studies (VLF4IONS).


En rouge, la zone affectée par une absorption HF d’au moins 1dB jusqu’à 35MHz (Modélisation D-RAP, https://www.swpc.noaa.gov/products/d-region-absorption-predictions-d-rap)

Ondes VLF au service de la surveillance de l’ionosphère

La couche -D qui est le sujet de cette étude est située entre 60 et 80km d’altitude : elle est donc à la fois trop haute pour les ballons-sondes, trop basse pour les satellites, et pas assez ionisée pour les radars. La technique la plus utilisée pour assurer une surveillance continue est d’écouter des émetteurs VLF (3-30kHz) situés sur Terre pour des usages civils ou militaires. Ces ondes se déplacent dans le guide d’onde formé par la Terre et la couche-D. Tout changement des propriétés électriques de ce guide d’onde modifie le signal reçu. La modélisation de la propagation de l’onde permet ainsi de remonter à la modification de la densité électronique de la couche-D et donc de déduire l’absorption HF.

Vers un réseau de récepteur dans la zone tropicale

L’alternance des jours et des nuits empêchent de mesurer l’impact de tous les évènements solaires. Il est donc nécessaire de répartir des récepteurs sur tout le globe pour couvrir tous les fuseaux horaires. La zone tropicale est intéressante car il y a peu de variation de la durée du jour au cours de l’année (contrairement aux zones de plus hautes latitudes qui peuvent être dans la nuit pendant plusieurs semaines). La seconde raison pour choisir ces territoires c’est de permettre une surveillance au-dessus des océans. Enfin la troisième raison est de permettre des mesures pour un autre type de forçage via les zones orageuses (sprites, elves, terrestrial gamma-ray flash : TGF).

L’instrument déployé s’appelle AWESOME. Il a été mis au point par le Georgia Institute of Technology (Atlanta, USA ; https://lf.gatech.edu/). Il s’agit d’une antenne qui mesure la composante magnétique des ondes VLF. L’amplitude et la phase de plusieurs transmetteurs (i.e. fréquence) sont mesurées simultanément, dans deux directions perpendiculaires (généralement NS et EW magnétiques). En plus de ces données dites « Narrowband », des mesures de formes d’onde sont aussi réalisées (champ magnétique en fonction du temps sur toutes les fréquences) à un taux de 100 kHz.

En juin 2024, AWESOME a été installé au Maïdo, première pierre du réseau tropical. Les mesures continues sont analysées automatiquement sur place et renvoyées à l’Observatoire de Paris pour une analyse plus fine.

Image des deux boucles magnétiques de AWESOME sur le côté ouest de l’Observatoire de Physique de l’Atmosphère de La Réunion (OPAR) sur le site du Maïdo de l’OSU-Réunion.
Spectrogramme de contrôle de la composante NS (en haut) et EW (en bas). Malgré un bruit assez élevé, les émissions provenant d’Inde (VTX à 18.2kHz) et d’Australie (NWC à 19.8kHz) sont clairement visibles. On suit également des émetteurs de France, de Turquie, d’Italie, et d’Hawaii.

En jaune, le chemin suivi par les ondes VLF depuis l’Inde et l’Australie vers La Réunion. Malgré plus de 5000km de distance, les ondes sont parfaitement détectées par l’instrument

Remerciements

Merci à

  1. Toute l’équipe sur le site du Maïdo qui a permis l’installation sur place : Yann Hello, Guillaume Payen, François Rigaud, Laurent Villegier, Soilihi Oumouri (et tous ceux que je n’ai pas rencontré mais qui ont agi dans l’ombre)
  2. L’équipe du LESIA à l’Observatoire de Paris lors de la phase de préparation : Pierre-Luc Astier, Anne Bui, et bien sur Claude Collin qui a aussi participé à la mise en place sur site.

Merci aussi au Directeur de l’OSU-Réunion et aux responsables scientifique et technique de l’OPAR, pour avoir autorisé cette installation !

Enfin, merci aussi à Emeric Le Floch pour les discussions autour de l’aspect pédagogique du projet pendant les mois qui ont précédés l’installation : on se reverra pour finaliser le programme !

Le 28 mai 2024 : installation du mât par l’équipe de choc constituée par Claude Collin (à gauche) et François Rigaud (du Laboratoire de l’Atmosphère et des Cyclones à droite)

La campagne océanographique “MASC”

Le Laboratoire Géosciences Réunion (LGSR) organise la campagne océanographique MASC, qui se déroulera du 01 au 31 juillet 2024 à bord du Marion Dufresne II, dans les Zones Économiques Exclusives (ZEE) françaises de La Réunion et de Tromelin. La vocation de MASC est de répondre à quelques grandes questions scientifiques que pose le bassin des Mascareignes, parmi lesquelles :

– Pourquoi la dorsale océanique des Mascareignes s’est-elle éteinte il y a environ 60 Ma ?

– Quel est le rôle du point chaud Réunion dans le volcanisme qui fit naître Tromelin, le mont La Pérouse et les autres volcans sous-marins de la zone ?

– Quelle est l’histoire d’émersion et de submersion de ces atolls ?

– Quelle est la sédimentation dans le bassin profond (>4000 m) des Mascareignes, éloigné de tout apport continental ?

– Quel est l’enregistrement paléoclimatique et océanographique sédimentaire du bassin des Mascareignes ?

– Ces ZEE françaises recèlent-elles une biodiversité planctonique particulière ?

– Quelle est la fréquentation des cétacés et des oiseaux marins dans ces ZEE ?

– Quels sont les paramètres physico-chimiques de l’océan et de l’atmosphère au nord de Tromelin, où très peu de données existent ?

Pour répondre à ces questions, et à bien d’autres, MASC combinera des levers de géophysique, des carottages de sédiments, des dragages de roches volcaniques, des prélèvements de plancton, des comptages de faune marine et un lâcher d’hydrophone. Les données et échantillons recueillis seront utilisés par treize laboratoires internationaux, dont deux appartiennent à l’OSU-Réunion et à l’Université de La Réunion.

La campagne MASC est aussi une formidable opportunité d’offrir aux étudiants une formation à la recherche océanographique. Grâce à une Université flottante organisée par le LGSR, dix huit étudiants, de la licence au doctorat, dont 9 de l’Université de La Réunion, embarqueront à bord du Marion Dufresne pour cette expérience exceptionnelle.

Mots clé: extinction de dorsale océanique, volcans sous-marins, enregistrement paléo-climatique, biodiversité planctonique, écologie marine, bassin des Mascareignes

Contact : vincent.famin@univ-reunion.fr

VELVET: measuring chamber for studying emissions of Biogenic Volatile Organic Compounds (BVOCs) by plant species in temperate and tropical climates.

Distribution of VOC emissions by species sampled in 3 of the island’s forests: Mare-Longue endemic forest, high altitude forest near OPAR-Maïdo, Plaine des Fougères cloud forest. Blue = isoprene, orange = sum of monoterpenes, grey = sum of benzene, toluene, ethylbenzene and xylenes.

The VELVET chamber (VOC experiments on leaves with the vegetation enclosure technique) was designed and used to measure emissions of volatile organic compounds (VOCs) from plant leaves. Measurements were carried out on species in temperate climates: Norway spruce (Picea abies), Norway beech (Fagus sylvatica) and Norway hazel (Corylus avellana) in the Puy de Dôme region of France. In a tropical region (Réunion Island), the VELVET-RUN project sampled 10 of the island’s most representative native and exotic species in the Mare-Longue forest, a high-altitude forest close to the Maïdo Atmospheric Physics Observatory, and in the cloud forest at Plaine des Fougères. The study revealed that the emissions of these species were influenced by spatial variability, their environment and the type of forest. In particular, this study marked an important step forward by capturing the emissions of species endemic to the island for the first time. Following on from the VELVET-RUN project, the TROPIVOC project aims to continue monitoring VOCs (concentration and evolution) over the short/medium/long term in the Mare-Longue forest. The data collected will enhance the inventory of biogenic emissions on the island, improving model simulations by incorporating these new measurements.

Full reference : Rocco, M., Brugère, E., Magand, O., Borbon, A., Colomb, A., Bouvier, L., Baray, J., Duflot, V., Ribeiro, M., Picard, D., Metzger, J., Stamenoff, P., Benoit, Y., Ah-Peng, C. VELVET: an enclosure vegetation system to measure BVOC emission fingerprints in temperate and tropical climates. Frontiers in Environmental Science12, 1372931. https://doi.org/10.3389/fenvs.2024.1372931

Local contact : olivier.magand@univ-reunion.fr

External contact : manon.rocco@univ-amu.fr (Manon ROCCO, LCE/IMBE)

VELVET : chambre de mesure pour l’étude des émissions de Composés Organiques Volatils Biogéniques (COVB) par des espèces végétales en climat tempéré et tropical.

Répartition des émissions de COV par les espèces échantillonnées sur 3 forêts de l’île : forêt endémique de Mare-Longue, forêt d’altitude proche de l’OPAR-Maïdo, forêt de nuage de la Plaine des Fougères. En bleu = isoprène, orange = somme des monoterpènes, gris = somme du benzène, toluène, éthylbenzène et xylènes.

La chambre VELVET (pour VOC experiments on leaves with the vegetation enclosure technique), a été conçue et utilisée pour mesurer les émissions de composés organiques volatils (COV) à partir de feuilles de végétaux. Les mesures ont été effectuées pour des espèces en climat tempéré : épicéa commun (Picea abies), hêtre commun (Fagus sylvatica) et noisetier commun (Corylus avellana) dans la région du Puy de Dôme (France). En région tropicale (l’île de La Réunion) à travers le projet VELVET-RUN, 10 des espèces les plus représentatives, indigènes et exotiques de l’île en forêt de Mare-Longue, forêt d’altitude proche de l’Observatoire de Physique de l’Atmosphère du Maïdo et en forêt de nuage à la Plaine des Fougères ont été échantillonnées. L’étude a révélé que les émissions de ces espèces étaient influencées par la variabilité spatiale, leur environnement et le type de forêt. Notamment, cette étude a marqué une avancée importante en capturant pour la première fois les émissions d’espèces endémiques de l’île. A la suite du projet VELVET-RUN, le projet TROPIVOC souhaite pérenniser le suivi des COV (concentration et évolution) à court/moyen/long terme dans la forêt de Mare-Longue. Les données collectées viendront enrichir l’inventaire des émissions biogéniques de l’île, améliorant ainsi les simulations de modèles grâce à l’incorporation de ces nouvelles mesures.

Référence complète : Rocco, M., Brugère, E., Magand, O., Borbon, A., Colomb, A., Bouvier, L., Baray, J., Duflot, V., Ribeiro, M., Picard, D., Metzger, J., Stamenoff, P., Benoit, Y., Ah-Peng, C. VELVET: an enclosure vegetation system to measure BVOC emission fingerprints in temperate and tropical climates. Frontiers in Environmental Science12, 1372931. https://doi.org/10.3389/fenvs.2024.1372931

Contact local : olivier.magand@univ-reunion.fr

Contact extérieur : manon.rocco@univ-amu.fr (Manon ROCCO, LCE/IMBE)

Dans le cadre du 6ième appel à accès transnational et interdisciplinaire aux infrastructures de recherche du programme européen ATMO ACCESS, le projet de David Beilman (University of Hawaii at Manoa, Department of Geography & Environment) a été accepté par le panel d’évaluation de ATMO ACCESS.

Mare au Thym, Bélouve, dans haut marais à Sphaignes

Titre et acronyme du projet : Sensibilité et résilience à long terme du carbone des tourbières de montagne à La Réunion (PeatCReu24)

Contexte scientifique : On estime qu’un tiers de la réserve mondiale de carbone du sol se trouve dans les écosystèmes de tourbières, bien qu’ils ne couvrent que quelques pour cent de la superficie totale des terres. L’environnement unique et la densité de carbone extrêmement élevée des tourbières font de leur flux potentiel de carbone dans l’atmosphère une menace pour le changement mondial en cas de perturbation due à l’utilisation des terres, aux incendies et au changement climatique. Les tourbières tropicales sont les moins étudiées et les moins comprises de toutes les tourbières au niveau mondial, mais elles peuvent être abondantes sur les îles volcaniques tropicales, telles que l’archipel d’Hawaï et la Réunion. Ce sont des “points chauds triples” de biodiversité, de stockage de carbone et d’archives sédimentaires uniques de la sensibilité et de la résilience des écosystèmes passés dans la tourbe qu’elles séquestrent depuis des milliers d’années.

Objectifs scientifiques du projet : Le projet propose d’approfondir l’étude d’un site important de La Réunion pour le comparer à Hawaï. La région est la Plaine des Marsouins, où nos données préliminaires montrent que les tourbières existent depuis plus de vingt mille ans. Cela couvre le réchauffement climatique qui a suivi le dernier maximum glaciaire, ce qui permet de comparer les effets du réchauffement dans les régions du Pacifique et de l’Océan Indien dans les mêmes environnements montagnards tropicaux. Le plan de travail pour l’accès physique serait centré sur la visite de la région pendant une période de deux semaines. Le travail principal consisterait en trois tâches sur le terrain. Premièrement, nous mènerons des enquêtes détaillées, notamment en cartographiant la profondeur de la tourbe par le biais d’un réseau de sondes pédologiques et d’échantillons basaux, afin de mieux estimer les volumes et les âges pour l’estimation du stockage du carbone. Deuxièmement, nous collecterons des eaux de pluie et de surface ainsi que des plantes afin de mieux caractériser les variations des isotopes de l’eau et leur empreinte sur la chimie des tissus foliaires. Troisièmement, nous identifierons et carotterons la partie la plus profonde et la plus ancienne de la tourbière afin de maximiser nos informations et notre approche des changements écologiques à long terme. Le matériel sera transporté à Toulouse au laboratoire du CRNS pour une analyse plus approfondie et un sous-échantillonnage.

Interdisciplinarité du projet : Ce projet vise à étudier la fonction à long terme des écosystèmes dans le contexte du cycle du carbone et le rôle des écosystèmes riches en carbone, ainsi que leur stockage et leur libération potentielle de dioxyde de carbone atmosphérique.

Potentiel d’innovation / Impact : Le travail proposé vise à développer nos résultats préliminaires et à approfondir notre comparaison des écosystèmes forestiers tropicaux de montagne dans les régions du Pacifique et de l’océan Indien. L’aspect novateur de ce travail est la compréhension à long terme de l’histoire de l’écosystème et la relation entre la séquestration du carbone et les facteurs de changement global tels que le climat et les perturbations. L’âge du dernier maximum glaciaire des tourbières de la Plaine des Marsouins et sa comparaison avec un paysage ancien similaire à Hawaï constituent une comparaison inédite. Une telle perspective à long terme de ces processus de zone critique, possible grâce à l’étude de ces sites, est rare. Trouver et comparer explicitement des sites similaires dans les écosystèmes des montagnes tropicales n’a jamais été fait auparavant.

Demande d’accès aux plateformes OSU-Réunion : OPAR et OZC-R

Période d’accès : 1-15 Septembre 2024

Soutien administratif et logistique : Aucune assistance administrative n’est nécessaire. L’assistance logistique prendrait la forme d’un hébergement et d’un transport vers le site de l’étude.

Disponibilité et utilisation des données et des résultats : Toutes les données générées par l’accès seront partagées avec l’installation et seront accessibles au public. Notre approche des dépôts de données consiste à en utiliser plusieurs afin de garantir que les données sont accessibles à toutes les parties intéressées.

Diffusion des résultats : La collaboration en cours vise à publier un certain nombre d’articles et de présentations de conférences sur ces écosystèmes uniques et leur comparaison entre La Réunion et Hawaii. Ces travaux ont déjà commencé.

Les premiers résultats d’une précédente mission (ANR Atmo-plastic) montrent que l’ archive environnementale au Plateau de Thym remonterait à plus de 20000 ans. Ce qui retracerait le dernier réchauffement climatique suivi de la dernière glaciation (Late Glacial Maximum)  permettant une comparaison de l’histoire écologique et des changements climatiques entre l’océan Indien et l’océan Pacifique. Cette comparaison entre la Réunion et Hawaii est une nouvelle opportunité pour mieux comprendre la zone critique et  la dynamique des écosystèmes sur le long terme.

As part of the 6th call for transnational and interdisciplinary access to research infrastructures under the European ATMO ACCESS program, the project by David Beilman (University of Hawaii at Manoa, Department of Geography & Environment) has been accepted by the ATMO ACCESS evaluation panel.

Mare au Thym, Bélouve, in high Sphaignes marshes

Project title and acronym: Long-term sensitivity and resilience of montane peatland carbon on La Reunion (PeatCReu24)

Scientific background: As much as one-third of the global soil carbon pool is estimated to be held in peatland ecosystems globally, despite covering only a few percent of total land area. The unique environment and extreme high carbon density of peatlands makes their potential carbon flux to the atmosphere a global change threat under disturbance by land use, fire, and climate change. Tropical peatlands are the least studied and understood of all peatlands globally, yet can be abundant on high tropical volcanic islands, such as the Hawaiian Archipelago and la Reunion. They are ‘triple hotspots’ of biodiversity, carbon storage, and unique sedimentary archives of past ecosystem sensitivity and resilience in the peat they sequester over thousands of years.

Scientific objectives of the project: The project proposes to further investigate an important study site on La Reunion for comparison to Hawaii. The region is the Plaine ds Marsouins, where our preliminary data shows that peatlands have existed here for more than twenty thousand years. This spans the climate warming following the Last Glacial Maximum, allowing comparison of warming effects in the Pacific and Indian Ocean regions in the same tropical montane environments. The physical access work plan would center on visiting the region for a period of two weeks. The primary work would consist of three field tasks. First, we would conduct detailed surveys including mapping the peat depth via a network of soil probe locations and basal samples to better estimate of volumes and ages for carbon storage estimation. Second, we would collect rain and surface waters and plants to better characterize the water isotope variation and their imprint on leaf tissue chemistry. Third, we would identify and core the deepest and oldest part of the peatland to maximize our information and peat-core approach to long-term ecological change. The material would be transported back to Toulouse to the CRNS lab for further analysis and subsampling.

Interdisciplinarity of the project: This project is to study long-term ecosystem function in the context of the carbon cycle and the role of carbon-rich ecosystems and their storage and potential release of atmospheric carbon dioxide.

Innovation potential / Impact: The proposed work seeks to expand our preliminary findings and to further our comparison of tropical mountain forest ecosystems in the Pacific and Indian Ocean regions. The novel aspect of this work is the long-term understanding of ecosystem history and the relationship between carbon sequestration and global change drivers like climate and disturbance. The Last Glacial Maximum age of the Plaine des Marsouins peatlands, and its comparison to similar ancient landscape in Hawaii, is a first-of-its-kind comparison. Such a long-term perspective of these critical zone processes that is possible with study of these sites is rare. Finding and explicitly comparing similar sites in tropical mountain ecosystems has never been done before.

Request for access to OSU-Réunion platforms: OPAR and OZC-R

Access period: September 1-15, 2024

Administrative and logistical support: No administrative assistance is needed. Logistic assistance would be in the form of accommodation and transportation to the study site.

Availability and use of data and results: All data generated from the access would be shared with the facility and be publically available. Our approach to data repositories is to use more than one to ensure that data is available to all interested parties.

Distribution of results: The ongoing collaboration aims to publish a number of papers and conference presentations about these unique ecosystems and their comparison across La Reunion and Hawaii. These have already started.

Initial results from a previous mission (ANR Atmo-plastic) show that the environmental archive at Plateau de Thym dates back more than 20,000 years. This would retrace the last climatic warming followed by the last glaciation (Late Glacial Maximum), enabling a comparison of ecological history and climatic changes between the Indian and Pacific Oceans. This comparison between Reunion Island and Hawaii is a new opportunity to better understand the critical zone and ecosystem dynamics over the long term.

New EU Project IRISCC Launched to Empower Climate Change Resilience – La Réunion, Indian Ocean, France – April 4, 2024

A new, ambitious European Research Infrastructure project, IRISCC, focusing on climate change driven risks has officially started on April 1st. The project is coordinated by Natural Resources Institute Finland (Luke) and brings together 80 partners from across Europe and integrates research services by 14 research infrastructures (RIs) and e-infrastructures.

IRISCC, with a budget of almost €15 million, is a 54-month project with a mission to bolster society’s capacity to tackle climate change risks and build resilience. We achieve this by offering access to interdisciplinary research platforms and data for researchers focusing on climate change risks. “Understanding the climate change driven risks and being prepared to adapt to them is becoming even more crucial for our societies in the near future” Janne Rinne, IRISCC co-coordinator.


Access to a Wealth of Resources
IRISCC offers access to complementary and interdisciplinary European and national RIs, encompassing observatories, experimental facilities, advanced modelling tools, and robust data infrastructures. OSU-Réunion (Observatoire des Sciences de l’Univers de La Réunion, Université de La Réunion, CNRS, IRD, Météo-France) is proud to contribute by offering access to interdisciplinary platforms like OPAR which is an atmospheric mountain observatory at La Réunion (-21.0797°N 55.3831°E) accommodating a large sector of ACTRIS and ICOS instrumentation. Scientific areas are available to enable the installation of new measurements.

Boosting Research and Evidence-Based Decisions
IRISCC fosters challenge-driven and interdisciplinary research on climate-change-related multi-hazard risks. This empowers informed decision-making, propelling Europe’s adaptation and resilience strategies.

IRISCC’s Key Objectives:

  • Support evidence-based policymaking for climate change adaptation and risk management.
  • Facilitate high-quality research on climate change driven risks and its components.
  • Provide a user-friendly, comprehensive service portfolio for climate change risk research.
  • Ensure seamless integration across RIs and harmonise their access & data policies.
  • Foster user engagement and co-creation of services with researchers and other stakeholders.


Investing in the Future
IRISCC is committed to open knowledge sharing and wide capacity building. The project offers training programs to equip the new generation of researchers with the skills to use these integrated research services for impactful climate change risk research. “Dissemination and exploitation of the services and training offered by the project is one of our key activities”, Päivi Haapanala, IRISCC Project manager.


Targeting a Broad Spectrum of Stakeholders
IRISCC serves a diverse range of users, including the research community, commercial entities, local, national and international risk managers, international agencies, policymakers, and society at large.

IRISCC marks a significant step forward in empowering a collective response to climate challenges. By harnessing the collective expertise of European RIs, this project equips us to build a more resilient future. IRISCC is funded by the European union under the Grant Agreement number: 101131261.

Lancement du nouveau projet européen IRISCC pour renforcer la résilience au changement climatique – La Réunion, Océan Indien, France – 4 avril 2024

Un nouveau projet ambitieux d’infrastructure de recherche européenne, IRISCC, axé sur les risques liés au changement climatique, a officiellement démarré le 1er avril. Le projet est coordonné par le Natural Resources Institute Finland (Luke) et rassemble 80 partenaires de toute l’Europe. Il intègre les services de recherche de 14 infrastructures de recherche (IR) et e-infrastructures.
IRISCC, doté d’un budget de près de 15 millions d’euros, est un projet de 54 mois dont la mission est de renforcer la capacité de la société à faire face aux risques liés au changement climatique et à développer sa résilience. Nous y parvenons en offrant un accès à des plateformes de recherche interdisciplinaires et à des données pour les chercheurs qui se concentrent sur les risques liés au changement climatique. “Comprendre les risques liés au changement climatique et être prêt à s’y adapter devient de plus en plus crucial pour nos sociétés dans un futur proche” Janne Rinne, coordinateur de l’IRISCC.


Accès à une mine de ressources
L’IRISCC offre un accès à des IR européennes et nationales complémentaires et interdisciplinaires, comprenant des observatoires, des installations expérimentales, des outils de modélisation avancés et des infrastructures de données robustes. L’OSU-Réunion (Observatoire des Sciences de l’Univers de La Réunion, Université de La Réunion, CNRS, IRD, Météo-France) est fier de contribuer en offrant l’accès à des plateformes interdisciplinaires comme OPAR qui est un observatoire atmosphérique de montagne à La Réunion (-21.0797°N 55.3831°E) hébergeant un large secteur d’instrumentation ACTRIS et ICOS. Des zones scientifiques sont disponibles pour permettre l’installation de nouvelles mesures.


Stimuler la recherche et les décisions fondées sur des données probantes
L’IRISCC encourage la recherche interdisciplinaire sur les risques multiples liés au changement climatique. Cela permet de prendre des décisions éclairées et de promouvoir les stratégies d’adaptation et de résilience de l’Europe.

Les objectifs clés de l’IRISCC :

  • Soutenir l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes pour l’adaptation au changement climatique et la gestion des risques.
  • Faciliter la recherche de haute qualité sur les risques induits par le changement climatique et ses composantes.
  • Fournir un portefeuille de services convivial et complet pour la recherche sur les risques liés au changement climatique.
  • Assurer une intégration transparente entre les IR et harmoniser leurs politiques d’accès et de données.
  • Favoriser l’engagement des utilisateurs et la cocréation de services avec les chercheurs et les autres parties prenantes.


Investir dans l’avenir
L’IRISCC s’engage en faveur d’un partage ouvert des connaissances et d’un large renforcement des capacités. Le projet propose des programmes de formation pour doter la nouvelle génération de chercheurs des compétences nécessaires à l’utilisation de ces services de recherche intégrés pour une recherche impactante sur les risques liés au changement climatique. “La diffusion et l’exploitation des services et des formations proposés par le projet constituent l’une de nos principales activités”, a déclaré Päivi Haapanala, chef de projet de l’IRISCC.


Cibler un large éventail de parties prenantes
L’IRISCC est au service d’un large éventail d’utilisateurs, dont la communauté des chercheurs, les entités commerciales, les gestionnaires de risques locaux, nationaux et internationaux, les agences internationales, les décideurs politiques et la société dans son ensemble.


L’IRISCC marque une étape importante dans la mise en place d’une réponse collective aux défis climatiques. En exploitant l’expertise collective des IR européennes, ce projet nous donne les moyens de construire un avenir plus résilient. IRISCC est financé par l’Union européenne sous le numéro de convention de subvention : 101131261.

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